Écrit par le 09 juin 2005.
Je suis Mangoat et ils essayent de m'attraper par les couilles.
Tous les jours, dans n'importe quelle situation, pour n'importe quel prétexte, je sens leurs grosses mains de connards m'agripper l'entre-jambes. De cette façon, ils attirent mon attention et tentent de me convaincre d'acheter leurs cafés, leurs disques, leurs lessives. De toute ma vie, j'ai connu qu'une femme, et sur une période relativement courte. Si je suis à la rue et qu'un connard m'agite de la thune sous le nez pour me la retirer dès que je tends la main pour la saisir, mon envie de lui casser la gueule est justifiée. Si un publicitaire m'attrape par les couilles pour me vendre sa merde, je me réserve le droit d'employer tous les moyens à ma disposition pour lui faire lâcher prise. Pas besoin de slogan féministe éculé, de longue sérénade sur l'exploitation du corps ou de couplet contre le capitalisme : il s'agit d'une agression et toute mesure de rétorsion relève de la légitime défense.
Elles portent des mini-jupes, des pantalons taille basse (épilation consciencieuse obligatoire), des tops moulants courts décolletés, des soutien-gorge push-up, et se font piercer le nombril et la langue. Alors je les mate, mais elles n'ont pas l'air d'apprécier. Elles sont parfois jolies, souvent communes, mais elles n'acceptent que les regards des beaux mecs. Elles jettent ceux qu'elles pensent inférieurs, ceux qui les abordent à l'aide de "mademoiselle, vous êtes charmante" qui ne sonnent pas tout à fait français, comme si leur look était plus subtil que les phrases toutes faites de ceux qui les convoitent. Comme si les phrases qui leur font tant plaisir , celles qui sont mieux tournées et prononcées par des bouches mieux éduquées, étaient plus originales et cachaient des intentions plus louables. Elles se plaignent de ne trouver que quelques beaux poissons au milieu de milliers de tonnes d'alevins, mais elles pêchent avec des filets dont les mailles sont toujours plus serrées. Parfois, elles objectent au critique que leurs filets sont de soie, mais, au bout du compte, la densité du maillage n'en est pas affectée. On ne peut pas montrer à tous et demander que personne ne regarde.
À l'intersection de tout ça, on trouve Britney Spears, Beyoncé Knowles, Craig David, Alizée, et bien d'autres encore. Évidemment, chacun est libre de ne pas se laisser attraper par les couilles, d'esquiver, d'être plus zen que la moyenne. Évidemment, chacun est libre de répondre à sa façon à l'agression. Mais, si c'est vrai dans la plupart des cas, lorsque cette agression se fait ouvertement (Britney Spears is "a slave for you", you can hit her one more time, Alizée est une Lolita...), il arrive qu'elle avance masquée. Ma bête noire, celle à qui je ferais ouvertement la guerre si je vivais un peu différemment, est de celles-là. Elle s'appelle Lorie, elle dit qu'elle aime sa maman, qu'elle veut des bisous, que la vie est rose quand on est un gamin de dix ans et que hihi, quand même. Mais elle dit tout ça armée d'un filet aux mailles si serrées qu'elles feraient pleurer un Commissaire européen, elle pêche les bigorneaux à la grenade. Lorie, si j'avais un fils de dix ans et que tu venais remuer ton petit cul sous son nez et lui faire des lapdances jusque chez moi, si j'avais une fille de cet âge et que tu lui racontais l'innocence habillée comme une pétasse des Champs-Elysées, tu t'en sortirais pas. Vendre des disques à des gamins en les attrapant par les couilles tout en leur faisant croire que c'est pour parler de week-end ensoleillés et de positive attitude, c'est une agression. Vendre des disques à des gamines en leur disant qu'il faut aimer sa maman et accessoirement leur suggérer d'attraper les garçons par les couilles, c'est une agression supplémentaire. Et, pour moi, toute mesure de rétorsion relève de la légitime défense.
Vous me direz : "Mangoat, t'es finalement qu'un vieux réac". Mais ça me gêne pas vraiment d'être considéré comme ça par des hippies irresponsables.
C'est pas parce qu'on est moche et frustré qu'on doit rester commun. Ces jeunes femmes sont admirables en tout point et leur valeur n'a finalement d'égale que ta vilenie, Mangoat.
Écrit par nacha (URL) le 09 juin 2005 à 12:20
Elles ont certainement un ou deux points qui sont admirables, mais je pense pas que ce soit plus visible que, par exemple, un joli pancréas. Et je dis pas qu'on doit rester commun, je méprise simplement la façon dont elles font le tri, à l'intérieur même du commun.
Écrit par Mangoat () (URL) le 15 juin 2005 à 15:41
C'est des putes
Voila tout, genre la strategie commerciale bien rodée à 41 euros la place de zénith..
Mais la création artistique dans tous ca!
Veut on vraiment abrutir nos enfants pour en faire des adultes déresponsablilisé..
Écrit par yano () (URL) le 14 mars 2006 à 02:25